Kô : mot japonais signifiant Éternité ; terme désignant une figure géométrique dans le jeu de Go, lorsque les pierres noires et blanches s’interpénètrent en créant un équilibre et un espace commun. Processus dynamique, sinon vivant, car les deux joueurs peuvent alternativement reproduire la figure complémentaire, éternellement. On y retrouve l’idée du temps, du mouvement, de la polarité entre des principes complémentaires. L’esprit animant notre travail musical s’inspire de ces perspectives et s’articule ainsi autour de plusieurs axes :
1) Géométrie variable
Ensemble de douze à seize chanteuses et chanteurs de formation, duquel peuvent ressortir également de multiples configurations en duos, trios, quatuors, quintettes,…: exploration des diverses combinaisons de timbres personnels, de registres semblables ou étendus, de voix de femmes, d’hommes, mixtes, en nombreuses dispositions spatiales…Créer ainsi l’esprit d’une musique de chambre vocale présentant une variété de sonorités, articulées en contrastes avec celle du grand chœur.
2) Musique ancienne / Musique contemporaine
Jusqu’à Bach et après Wagner…Une dynamique entre deux répertoires, de part et d’autre de la période tonale. L’importance aussi de rester dans la création, et de se situer ainsi dans l’héritage de la musique contemporaine de tout temps ; de comprendre la musique ancienne comme la musique contemporaine d’une autre époque, ce qui la sort d’un possible musée…Clément Janequin côtoie ainsi Paul Hindemith, Claudio Monteverdi, de son côté, Maurice Ravel, et Hugues Leclair y voisine un William Byrd…
C’est cet esprit de créer également un lien avec la relève qui nous amène à offrir des ateliers de lecture et à créer en concert des pièces chorales d’étudiants en composition de la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Cette attention à la musique de notre temps et de notre pays témoigne d’un désir de s’inscrire dans notre époque, comme l’ont toujours fait naturellement les interprètes de tout temps.
3) Musique sacrée / Musique profane
Depuis l’aube de la musique vocale, ces deux dimensions, loin d’être isolées, coexistent et s’enrichissent l’une l’autre comme fondements d’un répertoire choral immense, le plus vaste de tout le domaine musical. Faire se rencontrer des œuvres témoignant de ces deux natures de l’être, charnelle et spirituelle, en interaction dynamique.
Chanter n’est-il pas essentiellement un acte de nature spirituelle ? Nous continuons dans cette perspective d’une pratique musicale qui abolit en quelque sorte la frontière entre deux catégories ; il ne reste plus que la question du contexte dans lequel une musique est donnée (une messe de Noël, une journée de la culture, un concert avec un orchestre,…) mais la musique, elle, est toujours une.